Alors voilà, mardi dernier j'ai eu le privilège de pouvoir accompagner quelques journalistes et j'ai eu l'honneur d'interviewer Amon Tobin lors de son passage à
Montpellier, pour la toute première date de la tournée qui suit la sortie de Foley Room. En grand fan que je suis, l'émotion fut grande, même si le maître de l'electro/d'nb a cette
décontraction naturelle qui vous met instantanément à l'aise. Mon rôle dans cette interview était principalement d'officier en tant que traducteur et de poser les questions, suivant
quelques grandes lignes pré-établies. L'interview a rapidement tourné à la conversation, tant mon intérêt pour l'oeuvre d'Amon me poussait à relancer sur les réponses données. Le tout avec le feu
vert des journalistes, que je remercie au passage de m'avoir laissé tant de libertés.
Je vous livre ici la retranscription quasi-intégrale de cette rencontre avec un génie du son.
INTERVIEW AMON TOBIN, 04/04/07
- Pour commencer, y-a-t-il une question que tu n’aimes pas qu’on te pose ?
- Il fut un temps où j’en avais assez que l’on fasse des commentaires sur mes origines brésiliennes et que l’on me demande quelles ont été mes influences venant de ce pays, mais
pour être honnête cela ne me dérange plus vraiment, je me prête au jeu de l’interview. Si tu as besoin de savoir quelque chose, tu peux y aller…
- Est-ce que tu as une idée de la quantité de sons que tu as enregistrés puis utilisés pour Foley Room ?
- Je n’ai pas trop idée du nombre de sons que cela représente, cela m’a pris environ un mois complet pour rentrer tout ce que j’avais enregistré sur bandes dans mon ordinateur,
il y avait des mètres et des mètres de bande…
- Ca n’est sans doute pas la partie la plus fun…
- Pas vraiment, non, c’est de l’archivage… Il me fallait regrouper les sons, essayer de leur trouver un sens, une utilisation… C’était la partie la plus rock ‘n roll! [rires]
Mais pour revenir à ta question, j’avais pas mal de sons, nous avions commencé vers la fin de l’été dernier et nous avons passé au final 4-5 mois à faire uniquement de la prise de son. Ca n’était
pas rébarbatif du tout, crois moi… C’était vraiment fun, nous avons passé de bons moments…
- Cette façon de procéder est d’ailleurs nouvelle pour toi, tu fonctionne d’habitude plus traditionnellement, en utilisant des samples issus de
vinyles… Pour Foley Room tu as utilisé de la prise de son directe, est-ce une volonté de changer de son ? Savais-tu d’avance quel type de son cela donnerait à ton album ?
- J’avais effectivement l’habitude de travailler avec des samples. J’ai voulu essayer de changer et de travailler avec des sons que je générais moi-même afin de déterminer ce
que cela changerait sur la musique. Je me suis toujours demandé ce qui contribuait le plus à l’identité du son au final, les samples utilisés ou la personne qui les utilise ? J’ai toujours samplé
des sources différentes pour ma musique, et pourtant on me disait toujours « ca sonne Amon Tobin »…
- Et c’est le cas…
- C’est justement ca qui est intéressant, ce n’est pas moi qui joue de ces instruments, comment cela peut-il sonner comme moi ? Il y a une part de recherche personnelle dans ce
que j’ai fait dans mon nouvel album, je voulais voir si cela sonnerait toujours comme moi si j’utilisais des sources radicalement différentes cette fois. Et puis il y avait également une part
d’apprentissage, une volonté de faire autre chose que du sampling.
- Cette nouvelle façon de travailler a-t-elle eu une influence sur le processus créatif ?
- Non, cela n’a pas vraiment changé, c’est plutôt une extension, ca reste dans la continuité de ce que je pense avoir toujours fait, à savoir transformer le son . Finalement la
question n’est pas de savoir d’où viennent les sons mais comment sont-ils ensuite manipulés et regroupés, et sur ce point je suis resté fidèle à ma façon de faire.
- As-tu l’intention de continuer à l’avenir de travailler à partir de prises de son ?
- Pas vraiment, j’aimerais revenir aux vinyles en fait. Je pense que tous les différents sons que j’ai trouvés avec mon micro auraient également pu être trouvés sur des vinyles.
Tout est déjà là, tout ce à quoi je peux penser existe déjà sur vinyle. Il suffit de le trouver, cela fait partie du jeu. C’était intéressant bien sûr de fonctionner différemment… Les gens me
demandent si j’ai fait cela parce que j’étais lassé des vinyles, ou si j’avais épuisé mon stock de samples, mais il ne s’agit bien évidemment pas de ca… Pour moi la « vieille » musique restera
toujours une source de nouvelle musique.
- On retrouve dans Foley Room des sons tels que des rugissements de lion, des bruits pas de fourmis sur de l’aluminium ou encore des
vrombissements de moto. Qu’est-ce qui a motivé tes choix en matière d’enregistrements, pourquoi avoir enregistré ces sons-là en particulier ?
- L’idée c’est que j’ai essayé de créer un son à partir de plusieurs couches, il me fallait donc trouver les enregistrements correspondants à certaines couches en particulier.
Si je voulais par exemple reproduire une basse typique drum’n bass, j’analysais ce son en matière de texture et de fréquence, et je recherchais dans quels sons je pourrais retrouver des
propriétés similaires pour finalement les regrouper et reproduire le son voulu. En prenant par exemple les textures des enregistrements de motos, lions, moteurs etc… et les sous-fréquences de,
disons une boule tombant dans l’eau, ou quelque chose avec des tonalités très basses, et en regroupant le tout, on arrive au résultat escompté, à savoir ce type de basse spécifique. J’avais donc
eu idée bien précise des sons que je recherchais lors de mes enregistrements, mais ce qu’il y a de bien c’est que tout ne se passe pas toujours comme prévu et on découvre parfois de nouvelles
choses de façon inattendue. L’important étant de rester ouvert à ce que l’on peut trouver.
- Comment places-tu cet album sur le plan affectif et émotionnel? Comment le vois-tu par rapport au reste de ton œuvre ?
- J’avais l’habitude de prétendre pouvoir faire la distinction entre ma musique et ce qui se passe dans ma tête au moment où je compose, je voyais ma musique d’un œil très
objectif, très analytique. Je dois pourtant bien admettre que cet album est le reflet de ce que je ressentais quand je l’ai fait, c’était une façon d’exprimer ce dont je n’avais pas forcément
envie de discuter autrement. Le fait de m’être autant investi dans la recherche et la production de cet album a peut-être aussi son importance. Ce qu’il y a de bien c’est que je peux avoir un
certain type de dialogue avec la musique mais je ne cherche pas à l’imposer à celui qui l’écoutera, ce qui fait que tu n’entendras pas forcément les mêmes choses, tu n’y attacheras pas les mêmes
émotions. J’aime beaucoup cet album, j’y suis attaché, ca peut paraître bête de dire ca mais c’est la vérité, j’en suis satisfait. Je suis arrivé à faire ce que je voulais faire. Il y a forcément
quelques petites choses qui ne vont pas, tout comme dans le reste de mon travail, mais je m’étais fixé la barre haute pour cet album, j’ai réussi à m’y tenir et j’en suis content.
- Revenons au début de ta carrière, à l’époque où tu officiais sous le pseudo « Cujo », pourquoi avoir choisi ce pseudo, y-a-t-il une histoire
derrière ?
- Ca n’est pas vraiment que je sois un gros fan de Stephen King, mais l’album était sur le point de sortir et il me fallait un nom, j’avais un des gars du label au téléphone qui
me répétait « il va falloir me donner un nom pour cet album si on veut le sortir! » et j’ai sorti « Cujo », comme ca… [rires] J’aime bien ce film mais ca aurait pu être n’importe quoi d’autre
vraiment… Je n’ai même pas lu le livre ! Rien à voir avec le chien, il ne faut vraiment rien de profond là-dedans…
- A cette époque tu travaillais pour Ninebar Records, tu es depuis passé chez Ninja Tune . Comment se passe les relations avec Ninja Tune ?
Fréquentes-tu d’autres Ninjas ?
- Certains, oui. J’habite à Montréal, je suis pratiquement voisin avec Kid Koala, c’est assez cool… Il y aussi Rob, de Sixtoo, mais ca fait un moment que je ne l’ai pas vu. Mais
tu sais ca n’a jamais vraiment été une grande famille, nous ne sommes pas les Waltons même si c’est l’image qu’on aime nous donner. En fait j’aimerais vraiment mieux connaître pas mal de
personnes et passer plus de temps avec eux, mais tout le monde est toujours en tournée, ou en train de travailler, ce qui fait qu’en réalité tu te contentes de croiser leur chemin de temps en
temps. Il y en a que je connais bien, comme Strictly Kev de DJ Food, on se connaît assez longtemps…
- Vous travaillez ensemble sur tes albums, il s’occupe toujours du design ?
- C’est ca. En même temps il vient d’être papa donc il n’a pas vraiment le temps de s’occuper de grand-chose d’autre…
- Comment vois-tu la scène canadienne ? Ca doit pas mal changer de Londres…
- Ca n’est pas non plus la même époque non plus, ca n’est pas seulement l’endroit où je me trouve. La scène musicale est plutôt orientée rock, mais ca n’est pas seulement
chez moi, c’est partout comme ca j’ai l’impression, on est dans une période rock… non ?
- Peut-être, oui… Honnêtement je ne suis pas exactement au fait dans ce domaine…
- Moi non plus en fait… Je ne sors pas trop à vrai dire….
- Quand on écoute ta musique on ne peut s’empêcher d’y trouver un aspect assez cinématographique. On a très souvent évoqué la possibilité que tu
fasses la bande originale d’un film tant le lien parait évident. Est-ce un effort conscient de ta part ?
- Pas vraiment, ce n’est pas quelque chose que je fais consciemment. C’est pourtant là, c’est vrai, on retrouve cet aspect de ma musique. En fait si les gens voient cela c’est
peut être aussi parce que ma musique est instrumentale, ils se disent peut être que ma musique n’est pas entièrement finie… [rires] Ceci dit, c’est vrai que j’utilise beaucoup de samples
issus de bandes originales de films, ca parait donc logique que l’on retrouve du cinématographique dans ma musique. Ca n’est quelque chose que je vise en tout cas. Tout ce qui m’intéresse
là-dedans ce sont les sons…
- Je me souviens d’interviews plus anciennes où tu disais avoir refusé des propositions de musiques de films car ce que l’on te proposait était
trop contraignant. Tu préférais attendre de meilleures opportunités. Chose faite avec Taxidermia ?
- Oui, j’étais très content de travailler sur Taxidermia, c’était une toute petite production, et les gens qui m’ont proposé cela voulaient véritablement que je travaille avec
eux, ce qui les intéressaient c’était vraiment que l’on collabore ensemble. Ca n’était pas juste « fais la BO de cette scène », ils me demandaient mon avis sur divers aspects du film, il y
avait un vrai échange. Je pense que la clé c’est de travailler sur des petits projets, avec des gens plus impliqués, avec plus de liberté…
- Et puis ils devaient probablement bien connaître et apprécier ta musique…
- Probablement, oui. Il y avait un intérêt et un enthousiasme sincère de leur part.
- En quoi ce projet était-il diffèrent de ce que tu as fait avec la BO de Splinter Cell ?
- La principale différence était que la musique de Splinter Cell se devait d’être interactive. La musique doit constamment changer en fonction de ce qui se passe dans le jeu.
C’était un challenge technique plus qu’autre chose. C’était la condition principale, comment faire de la musique véritablement interactive, qui puisse changer et s’adapter à n’importe quel niveau
d’intensité…
- …tout en restant écoutable…
- Exactement, il faut quand même que cela ait une identité propre. Je pense que beaucoup de gens contournent ce problème en faisant une musique qui soit assez fade. Quoi
qu’il arrive la musique pourra toujours s’adapter à l’action et elle restera toujours fade… [rires] J’ai vraiment fait un effort pour la musique ait du caractère, tout en étant capable de
changer.
- Justement, pour la BO de Splinter Cell tu t’es entouré d’un certain nombre de musiciens, chose que tu n’as pas l’habitude de faire…
- Oui c’était… je sais pas, disons une expérience, quelque chose de nouveau, comme tout le reste. C’étaient des personnages intéressants…
- Tu n’as pas approché la chose comme un live, tu as enregistré puis samplé ces musiciens…
- En effet, c’est ainsi que j’ai toujours procédé.
- As-tu travaillé de la même manière avec le Kronos Quartet ?
- Oui, en fait j’ai beaucoup plus impliqué avec le Kronos Quartet, j’étais assis au milieu avec mon micro et je pouvais mixer en live par rapport à ce que j’entendais au casque,
s’il me fallait plus de violoncelle par exemple… C’était comme mixer sur une table de mixage, mais avec juste un micro. C’était vraiment dans une optique de prise de son.
- Ton dernier achat ou upgrade dans ton studio ?
- Des enceintes ! [rires] Je me suis acheté des super enceintes, elles sont énormes ! Ce sont des K+H, ca n’est pas super connu, c’est allemand je crois. Elles sont terribles,
j’en suis très content. Je me disais toujours « j’ai les meilleures enceintes », et puis je tombais tout le temps sur quelque chose de mieux…
- Tu recherches du nouvel matériel spécifique pour ta musique ou tu es plutôt un collectionneur ?
- Pas trop, je ne suis pas vraiment dans les trucs vintage… J’ai quelques préférences, quelques fétiches, comme les vieux compresseurs. J’aime mélanger le digital et
l’analogue.
- Sur un tout autre sujet, que penses-tu du téléchargement sauvage sur internet ?
- Toi, tu as lu mon blog … [rires] Non, en fait l’important c’est de ne jamais se mettre dans l’optique de dire aux gens ce qu’ils doivent ou pas faire. On ne peut pas
constamment moraliser, mettre des restrictions, crypter afin d’empêcher de faire telles ou telles choses, etc… L’important c’est de faire comprendre aux gens qu’ils doivent soutenir ce qu’ils
aiment. Ca n’est pas valable seulement pour la musique, ca s’applique au reste, comme l’environnement par exemple. C’est du domaine de la responsabilité personnelle, si tu aimes quelque chose ou
quelqu’un tu dois en prendre soin si tu ne veux pas le perdre. Si tu aimes la vraie musique indépendante, fait-main, tu dois la soutenir, sans quoi elle disparaitra certainement. Il faut juste en
être conscient, je ne cherche pas à prêcher.
- Ton super-héros préféré ?
- Ca a toujours été Batman, le Dark Knight. Pas de super-pouvoirs pour lui, il doit se débrouiller avec sa tête et ses gadgets contre Superman, dans Dark Knight… Superman a la
vie belle, Batman lui il doit bosser…
- J’aimerais profiter de t’avoir sous la main pour te demander, qu’est devenu Bad Bad Girl, ton featuring avec Ce’Cile ? Ca fait des années que
c’est annoncé et toujours rien !
- Aaah ouais je sais, ca a foiré… En fait l’histoire c’est que plusieurs sociétés de pressage ont fait faillite au moment où on pressait le morceau, et le label s’est fait
avoir, en gros on s’est retrouvés pris au milieu de tout un bordel… Je crois qu’il y a des chances pour que ca se fasse cet été. J’ai fait ce morceau il y a des années, c’est juste une seule
chanson, un délire bizarre un peu pop que j’ai fait avec Ce’Cile, j’aime bien ce qu’elle fait…
- Et le morceau avec Michael Shrieve, The Oracle, on parle d’un album en prévision ?
- J’aimerais faire un album de collaborations avec des batteurs. Pour l’instant j’ai travaillé avec quelques uns comme Michael Shrieve, et j’en discute avec d’autres comme Terry
Bozzio, qui a commencé avec Frank Zappa, ou encore Dave Lombardo… C’est toujours en projet.
- Si tu pouvais être un autre artiste, qui cela serait-il ?
- Wow, euh… J’en sais trop rien ! Je ne me suis jamais posé la question… Je dirais… allez, Timbaland ! [rires] Il déchire ! Non sérieusement j’en sais trop rien…
- Non mais c’est bon, Timbaland, c’est noté !
- Ouais… non mais sinon y’a euh… comment il s’appelle déjà… [blanc de quelques secondes] euh Lee quelque chose… le batteur là, le punk… il sortait avec Pamela Anderson… Tommy
Lee ! Voilà. C’est le genre qui a bien dû s’éclater ! [rires]
- Quel est ton artiste préféré sinon ?
- J’en ai plusieurs, mais je pense que mon préféré reste Morricone.
- Tu te tiens au courant de ce qui se passe dans la scène drum‘n bass ?
- Oui, bien sûr. Je suis fan des productions de Noisia depuis un petit moment… D’ailleurs on a fait un morceau ensemble, je suis allé les voir en Hollande. Je vous jouerai le
morceau ce soir en exclu ! Il est vraiment excellent.
- Revenons à Foley Room, l’ambiance de cet album est particulière. Comment te places-tu par rapport au dancefloor dans tes compositions et tes
mixes ?
- Hmm, c’est difficile c’est sûr. Ce qui me plait c’est le morceau lui-même, pas où le morceau sera joué. Je fais des morceaux pour le plaisir de faire des morceaux, je ne fais
pas de compromis pour le dancefloor. Je fais des compromis au niveau du mix, c’est sûr que si je me contentais de jouer cet album en club, les gens ne danseraient pas. Je ne limite pas mes
morceaux en pensant à où je pourrais jouer ou pas ce morceau. Mais je suis aussi un DJ, et j’aime faire danser les gens, donc c’est vrai qu’il y a un peu conflit à ce niveau-là.
- C’est une des raisons qui t’ont poussé à passer sur Final Scratch, afin de pouvoir jouer et modifier tes morceaux et les rendre plus mixables,
plus dansables ?
- C’est exactement ca, oui. C’était le challenge d’essayer de créer quelque chose qui puisse maintenir l’intérêt du public, même dans un environnement live. Je ne suis plus sur
Final Scratch mais j’utilise un système similaire qui me permet de directement passer mes propres morceaux, sans passer par des dub plates. Ca a changé pas mal de choses pour mes mixes.
- Le live Solid Steel en est un bon exemple…
- C’est ca. J’essaie juste d’être créatif avec mes deux platines.
- Quelques petites questions pour la fin : quel est pour toi le prix de la liberté ?
- Le prix de la liberté ? Euh… je pense que c’est de se battre pour tout… je ne sais pas si on peut parler de prix quantifiable, mais c’est quelque chose qui se mérite… Tout le
monde essaie de t’arrêter, n’est-ce pas.
- Quelle est ta définition de la pureté ?
- Je ne pense pas qu’une telle chose existe… La pureté est quelque chose de négatif, la créativité passe par l’appropriation et la corruption d’éléments culturels…
- Penses-tu souvent à la mort ?
- Assez souvent, oui… Mais ca n’est pas forcément une mauvaise chose, ca fait partie de la vie. Finalement tout se ramène à la mort, tous les bons films parlent de la mort.
- Ton album est d’ailleurs assez sombre…
- Oui, je l’ai fait pendant une période assez chaotique de ma vie, je pense que ca transparait sur l’album. Mais ce ne sont pas seulement les ténèbres qui m’intéressent mais la
relation, le contraste avec la lumière, et la dynamique ainsi créée. Ce sont des extrêmes que je juxtapose… au risque de paraître incroyablement prétentieux ! [rires]
- Quel est ton type de silence préféré ?
- J’ai des acouphènes, donc ca fait un moment que je n’ai pas entendu le silence complet…
- Si ta maison est en feu, que sauves-tu, mis à part ta famille ?
- Mes enceintes ! [rires]
- La dernière fois que tu t’es battu ?
- J’étais avec une fille, bien entendu, et nous étions au restaurant dans un aéroport, et le serveur traitait la fille comme un chien, ca m’a énervé, et puis les copains du
serveur sont arrivés, on a commencé à se battre… mais bon, je suis pas très baraqué non plus alors bon… [rires] enfin, c’était la dernière fois.
- Qu’est-ce qui pourrait t’empêcher d’être créatif et de faire de la musique ?
- Je pense que des choses d’ordre financier pourraient être un obstacle, si je travaillais à Blockbuster 24 heures sur 24 par exemple… ou si je perdais mon audition, ca
deviendrait difficile.
- Dernière question, quelle est le rôle, l’utilité du journalisme musical ?
- Euh, on se demande ! Non, non, je plaisante, en fait c’est une bonne question. Je pense que cela a une grande utilité mais que c’est mal compris. On dit souvent que le
journalisme c’est découvrir des choses, tandis qu’en réalité ca ne découvre rien du tout, ca rapporte ce qui existe déjà à d’autres endroits, puis ca détruit ces mêmes choses, parce que tout le
monde les connaît déjà, alors que c’est votre faute ! [rires] Non, c’est une fonction importante dans la musique, passer le mot…